sur la route vers le Nord-Ouest

2 octobre 2013

Le Nord-Ouest (NO), c’est cette région d’Haïti qui a accueilli la famille Malherbe en 1990. On y trouve les villes de Bombardepolis, Jean-Rabel, Mare-rouge, et Le Môle Saint-Nicolas. Nous avons prévu de rester une dizaine de jours dans cette région, pour remémorer les souvenirs de Julien, et pour qu’Élodie découvre enfin l’univers de l’enfance de Julien. C’est aussi la région d’action d’ADEMA.

Nous sommes partis de PAP lundi matin avec le 4x4 de Mausert, pour un trajet annoncé de 7h. Chaque trajet vers le NO est l’occasion de remplir le véhicule de quelques commandes de médicaments, mais aussi quelques roues libres (qui sont l’équivalent de nos co-voitureurs).

Le départ, initialement prévu à 8 heure, a été peu à peu retardé par les différentes missions de la matinée : la banque 2h, le bureau d’ADEMA à PAP pour quelques chargements 1h, les différents rendez-vous avec les roues-libres, et les affaires de Mausert. Il faut rajouter les embouteillages de PAP, qui grouillent des 7h du matin, bien plus un matin de semaine que le week-end. Bref nous partons réellement vers 13h.

Pour rejoindre le NO, nous entamons la route jusqu’à Gonaïve, récemment refaite. Par conséquent on y circule rapidement, bien trop rapidement pour des véhicules peu fiable. Il est fréquent d’être confronté à un accident, et malheureusement c’est bien ce que l’on a vu.
Mais c’est aussi l’occasion de traverser des paysages différents, le long de la mer, de s’arrêter au marché pour acheter quelques fruits...

Une fois arrivés à Gonaïve, dernière grande ville avant le NO, Mausert en profite pour faire livrer quelques matériaux de construction pour un projet de réhabilitation d’une école. Il est alors 16h30 et il nous reste environ 5h de route.

Poursuite du voyage, cette fois finie la route, et le 4x4 prend tout son sens. La piste devient chaotique, nids de poule, roches à gravir, mais beaucoup moins de circulation, seuls quelques motos ou gros camion roulant au pas et les mulets, qui reste un moyen de transport commun dans le NO.

Bien que secoués, nous profitons d’une fin de journée plus fraîche et d’un paysage varié : salines, bord de mer, montagne aride, vallée verdoyante....

Mausert, qui connait par coeur la route, maitrise toutes les petites chicanes, les passages rocailleux à franchir. Sa seule erreur fut de bloquer le 4x4 sur un rocher lors du franchissement d’un zone de boue. Et là, nous découvrons la maîtrise Haïtienne pour ce type de situation. En quelques minutes, c’est l’ensemble des passagers qui tente de pousser le véhicule en avant puis en arrière, résultat nul, le véhicule est trop lourd. Mais très vite, malgré le peu de monde sur cette route, 2 motards s’arrêtent et y vont de leurs conseils : «le caouchou à doite»
Pour les non initiés au créole : «les roues vers la droite», «il faut lever la voiture avec le crique», NB :nous arrivons à suivre une bonne partie des conversations mais notre orthographe est plus qu’approximatif. , «fo levé ave le jak», ...

Nous terminons le trajet sans encombre et de nuit jusqu’à Bombardepolis. Plus nous approchons, plus l’habitat est simple. Finit les maisons en parpaing, la plupart des maisons sont fabriquées en torchi (structure en bois, mélange de terre et de chaux).

Même de nuit, les rues de Bombardepolis nous plongent dans une autre ambiance. On découvre une végétation plus abondante, les rues sont délimitées par des haies et des clôtures en bois recouverte de végétation, la terre est rouge («terre rouge, terre de feu, ....» ), moins poussiéreuse... On devine une ambiance plus apaisante ce que se confirme aussi de jour.

Après un arrêt chez Tijone pour le repas : avocat, cabrit (viande de chèvre), riz pois, nous arrivons dans la maison du NO de Mausert et Isabelle. Au milieu de la foret, un havre de paix, de verdure, ... Elle a déjà sa réputation de «Maison pour la retraite du docteur Philippe Malherbe», nous on veux bien !

 Chez Mausert et Isabelle à Bombardepolis

Chez Mausert et Isabelle à Bombardepolis

 

Une rue de Bombardepolis